Le congé maternité, un rythme à prendre

Un billet un peu plus long aujourd’hui pour vous parler de mon congé maternité et du travail d’adaptation qui m’a été nécessaire, d’une part face à tout ce temps devant moi et d’autre part, face à tous les changements qui surviennent pendant cette période.IMG_0506 (1) Je sais déjà que j’en ressortirai changée…

Le congé mat’, je l’attendais avec impatience ! Dès le début de ma grossesse, j’ai ressenti beaucoup de fatigue, avec souvent de l’hypotension, mais je ne voulais pas arrêter trop tôt, même si, je dois le reconnaître, mon attention était un petit moins portée sur mon travail que d’habitude… Préventivement, et au regard de mon job, le docteur a décidé de m’arrêter un peu plus tôt que prévu, un mois et demi avant le congé pathologique environ, soit début août, au sixième mois.

J’étais ravie, car complètement épuisée ! J’ai un poste avec des responsabilités et des journées très longues, des réunions le soir, parfois des manipulations un peu plus physiques. En temps normal je suis déjà fatiguée, mais une fatigue « normale » on va dire, à laquelle je suis habituée. Là, je sentais que je ne gérais plus… Les hormones en folie, les nuits perturbées, la chaleur estivale, pfiiiou…  Et puis, je n’avais qu’une crainte, fondre en larmes en pleine réunion d’équipe, ou alors me vexer sous le coup de l’émotion et avoir une parole blessante que j’aurais regrettée par la suite, ce genre de choses… Deux exemples parmi d’autres. Je suis sûre que beaucoup d’entre vous sont passées par là et comprennent de quoi je parle…

Toujours est-il que j’ai été très soulagée lorsque le médecin m’a proposé l’arrêt ! Pour toutes les raisons déjà citées et aussi parce que depuis dix ans environ, je n’ai eu que trois semaines maximum de congés consécutifs. Un peu frustrant quand on a plein de projets qu’on n’arrive jamais à finaliser… mais j’en parlerai une autre fois. Donc je me suis dit : chouette je vais pouvoir faire plein de choses !

Bon, alors au début je me suis roulée avec délice dans ce temps libre et l’horizon lointain de la reprise. J’étais presque prête à lâcher le travail, mon remplacement était déjà prévu, donc ça n’a pas été trop difficile, j’ai fait un peu d’assistance à distance les premières semaines pour ne pas laisser mes collègues en plan. Mais c’était surtout repos, repos et repos pour commencer ! J’ai pu organiser les préparatifs pour l’arrivée de bébé (à deux à l’heure il faut du temps, mine de rien !) et puis ensuite, j’ai eu aussi envie d’en profiter pour faire des tonnes de trucs. « Comme avant ». Sauf que… je ne pouvais plus les faire ! D’où des petits passages où j’ai été un peu déprimée. J’ai réalisé à quelle point j’étais en train de changer. Et j’ai fini par comprendre aussi que les autres (mon chéri entres autres) n’étaient pas dans le même rythme que moi et ne pouvait pas avoir les même obsessions (notamment ménagères, une grande première pour moi, on en reparlera !)

Il a donc fallu s’adapter, entre le laisser aller total, et la sensation déprimante de ne pas être capable de faire tout ce qui me passait par la tête… J’ai donc appris à faire des listes pour me donner des petits objectifs pour chaque jour, afin de ne pas finir complètement vautrée et ne plus savoir quel jour on est (j’ai eu une période de chômage il y a longtemps, je me couchais à 4h du matin et me levais à 13H en général !) Liste à respecter bien sur en fonction de l’énergie, très variable selon les jours… mais qui donne le sentiment d’avancer, de ne pas juste « attendre bébé ». Les rendez-vous médicaux et la préparation à la naissance avec ma super sage-femme et le groupe de futures mamans ont aussi bien rythmé mes semaines : prépa classique + séances en piscine dans mon cas.

Et puis c’est aussi cette phase « d’ennui » qui m’a permis de renouer avec encore plus de détermination avec mes projets d’écriture, ce blog en est le fruit. Vive l’ennui ! C’est ce qui a toujours stimulé ma créativité. Enfin, j’ai redécouvert quelque chose d’essentiel, mais que j’avais occulté… vivre à son rythme. Le connaitre, l’écouter. C’est ma définition du luxe : pouvoir, au jour le jour, s’adapter à ce que notre être réclame, au moment où il le réclame. Ma vie professionnelle actuelle est en absolue contradiction avec cette notion. Je le ressentais et en souffrais mais l’expérimenter m’en fait prendre une conscience très aiguë ! Et puis j’imagine la vie avec bébé, qui arrive dans un mois, je ne me vois pas reprendre comme avant. Pas du tout ! Peut-être que certaines périodes de la vie permettent d’avoir un déclic, savoir ce qu’on veut, ce qu’on ne veut plus… Quant à en tirer des conséquences pour l’avenir, évidemment, la machine à cogiter est déjà en marche !

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4 réflexions sur “Le congé maternité, un rythme à prendre

  1. Coucou, je me retrouve vraiment dans ton post. J’entame ma 3e semaine de repos forcé, j’ai encore la semaine prochaine en arrêt et puis je revois ma gynécologue pour voir où j’en suis mais elle m’a quand-même fait comprendre que je ne reprendrai probablement pas le boulot avant mon accouchement… Du coup, je prends aussi sur mon congé pré natal et le rythme de vie au quotidien toute seule à la maison du jour au lendemain c’est pas si facile à gérer… Bises !

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