Frankie Addams de Carson McCullers

9782253053804-TMon exploration de l’écriture féminine américaine continue ! J’ai cette fois-ci remonté un peu le temps et découvert Carson McCullers, romancière du Sud des Etats-Unis. Frankie Addams (1946) est son troisième roman, après Le coeur est un chasseur solitaire et Reflets dans un oeil d’or.

L’histoire : Roman court mais dense, l’histoire se déroule le temps d’un été, à travers les yeux d’une jeune fille de douze ans, Frankie. Dans une petite ville surchauffée, les heures et les jours s’étirent lentement, au rythme des conversations, des jeux et des confidences partagées avec Bérénice, la gouvernante noire et John Henry, le petit cousin. Désir de grandir et de voyager, valse des identités, rencontres avec des adultes, plus ou moins bien intentionnés vont traverser la vie de la jeune fille. Le mariage prochain de son frère devient une obsession pour Frankie, qui projète d’accompagner les jeunes mariés dans leur voyage de noces.

Les thèmes : L’ennui et l’adolescence. Si Frankie est en pleine transition, de l’enfance vers l’adolescence,  elle est tout à fait active dans la construction de son identité. Elle s’imagine des vies, des noms, et transforme la réalité en fonction de son regard. L’écriture est fondée cette hyper-subjectivité. Rêve de changement, d’absolu, de sentiments superbes propres à cet âge sont mis en valeur par le contraste avec la lenteur d’un été oisif dans le sud des Etats-Unis.

Les + :

J’ai adoré le contexte :  La petite ville du sud et sa galerie de personnages : l’homme au singe, les jeunes filles du club, les soldats, la gouvernante noire et sa famille, la foire d’octobre et son fascinant freak-show…

L’écriture, très sensorielle, qui adopte complètement le point de vue de Frankie, est remarquable. On ressent profondément les états d’âmes qui bouleversent l’adolescente. C’est le regard de Frankie qui prime, il n’y a pas de retour à l’objectivité des situations, même si elle s’exprime parfois par la voix de la gouvernante, pour mieux se départir de la « raison ». J’ai beaucoup aimé enfin que de l’ennui jaillisse l’imagination, ceci fait écho à mon enfance et à une croyance personnelle.

Le – : L’ennui, la nonchalance, la langueur, sont un peu communicatifs !

Adaptations : L’effrontée avec Charlotte Gainsbourg ! Je ne m’en rappelle plus, incapable d’apporter un commentaire à ce sujet. Egalement adapté en 1952 par Fred Zinnemann (The member of the wedding)

Dans le même genre : Le sublime Ne tirez-pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

Note : 3,5/5

 

Connaissiez-vous cette romancière ? Avez-vous des coucous parmi les romancières américaines ?

 

 

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2 réflexions sur “Frankie Addams de Carson McCullers

  1. Merci de m’avoir suivie, et d’avoir aimé mon article (qui a eu un petit bug, donc une seule critique sur quatre s’est postée, le problème est enfin réglé si tu veux consulter l’article d’ailleurs!)
    J’ai aimé ton article car il est de qualité et que tu m’as donné l’envie de lire ce livre !
    Bonne continuation! 😉

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