Film : Toni Erdmann de Maren Ade

Maren Ade est une réalisatrice allemande. Toni Erdmann est son 3ème long métrage, il est sorti en 2016. Et j’ai adoré ! Il m’a même vraiment marquée. Il a d’ailleurs été sélectionné dans de nombreux festival et a récolté plusieurs (prix de la critique internationale à Cannes par exemple) … C’est un film surprenant, drôle, critique, très original. Les acteurs sont épatants. On oublie presque que c’est un film allemand.

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Sandra Hüller (Ines) et Peter Simonischek (Winfried / Toni)

Le film dépeint la vie d’Inès, une super business-woman, investie à fond dans son boulot, au détriment (sans doute) de sa « vie privée », aux prises avec les relations complexes qu’elle entretient avec son père, un soixantenaire un peu loufoque qui tente de remettre ses certitudes en question. Dit comme ça, ça sent un peu le déjà vu. Mais franchement, je n’ai jamais vu ça avant ! Le traitement du sujet est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Certaines scènes sont absolument déroutantes, voire dérangeantes, voire même subversives : un brunch entre collègues à poil(s) par exemple.  Au delà d’une critique froide d’un personnage dévolu à une culture d’entreprise sans âme, on a au contraire une réflexion profonde, émouvante et très drôle sur les relations parent/enfant à l’âge adulte, la séduction et le sexe, le sens du travail…la vie… !

Je vous le « plus que » recommande !

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The Affair (Coup de coeur série)

Ma série préférée ? Peut-être ! Un énorme coup de coeur , c’est sûr ! Alors que la saison 3 débute, j’ai plaisir à me replonger dans les deux premières saisons pour vous en parler. Peut-être à la clé, une jolie sacrée découverte pour vous, âme romantiques et torturées !

 

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De quoi ça parle ?

Son titre le laisse présager, c’est l’histoire d’une liaison. La rencontre a lieu un été à Montauk (Long Island) entre Noah Solloway, prof de lettres et père de famille New-Yorkais et Alison Lockhart, serveuse au Lobster Roll. A part l’irrésistible attraction entre Noah et Alison, rien n’est simple, car chacun a sa vie et ses démons. La série explore l’onde de choc provoquée par cette liaison.

Pourquoi j’adore ?

  • J’adore la finesse dont fait preuve la série quant à l’analyse psychologique de l’ensemble des personnages et des situations. Chaque scène est intéressante, exprime avec naturel et subtilité des idées complexes, sans pesanteur et sans temps mort et jamais au détriment de la mise en scène, toujours intéressante.
  • Les acteurs sont magnifiques et irréprochables : Dominic West (Noah), Ruth Wilson (Alison) ainsi que leurs époux respectifs Maura Tierney et Joshua Jackson… jusqu’aux rôles secondaires, tout le monde est génial !
  • La structure des épisodes est originale : la première partie révèle le point de vue de Noah, la second, celui d’Alison, avec de subtiles variations qui nous permettent d’aborder les grandes questions de la série sous différents angles.
  • Les thèmes abordés sont passionnants : l’amour, la fidélité, le désir, la famille, les liens parents-enfants, les racines, la reproduction des schémas, la mort, le deuil, la culpabilité, le sacrifice… La vie, quoi ! Et de surcroît sont abordés d’une façon vraiment intelligente, profonde et romanesque, à la manière d’un bon livre dans lequel on a envie de retourner encore et encore…

Pour autant, ce n’est pas une série confortable moralement : rien n’est manichéen, et la sensation de malaise est bien souvent présente ! Allez, hop, à moi la saison 3 !

 

Cake de Daniel Barnz

Avec Jennifer Aniston, notamment.

Ou le portrait d’une femme qui souffre physiquement et psychologiquement, elle est seule et en colère. Sa seule compagnie est sa domestique,  Silvana, qui l’assiste au quotidien, joue le rôle de garde fou et l’emmène  partout en voiture, dans la lumière de L.A.

C’est assez tard dans le film que l’on apprend pourquoi. Voilà pourquoi je ne peux pas en dire beaucoup plus sur l’histoire ! C’est un film très beau, très triste mais aussi lumineux. Il explore la dépression, mais aussi l’amitié, l’amour, la (re)construction de soi. J’ai beaucoup aimé !

Banshee saison 1

Comme beaucoup de gens, je suis fanatique des séries ! Ces derniers temps, j’ai regardé plein de pilotes  (voir les deux premiers épisodes, je ne suis pas une fille superficielle ;-) sans réussir à m’arrêter sur une série qui me donnait envie de poursuivre. Jusqu’à Banshee !

Elle est produite entre autres par Alan Ball, le créateur de True Blood et Six feet under, et scénariste également d’American Beauty (Joli CV, mister Ball !)

Ne nous voilons pas la face, c’est une série violente, avec de la bagarre, de la méchante bagarre même, sadique parfois. Curieusement je trouve intéressantes ces scènes de baston, il y a une vraie recherche ! Heureusement, la série est soutenue pas un solide background, qui plus est original. L’histoire se passe à Banshee, petite bourgade de Pennsylvanie. Le héros est un braqueur, qui sort de prison après 15 ans de détention, et débarque à Banshee, où il va prendre l’identité de Lucas Hood, shérif récemment nominé mais tué dans une bagarre, si bien que personne n’a jamais vu son vrai visage ! Ok ça parait improbable, le voyou devenu shérif, mais franchement ce n’est pas grave, le scénario marche bien !

 

Le vrai-faux shérif qui réfléchit

             Le vrai-faux shérif qui réfléchit

 

Parallèlement, il retrouve son ex, qui a refait sa vie,  et doit composer avec la réalité des flics locaux, ses nombreuses conquêtes d’un soir (ah oui, on voit beaucoup de fesses aussi !) et la vie chaotique de la communauté, composée d’Amish et d’indiens Kinaho.

Un mélange étonnant et détonnant d’éléments, pas trop compliquée à suivre, avec une galerie de personnages géniaux !

Et vous, quelles sont vos séries chouchous du moment  ?

Cria Cuervos de Carlos Saura

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Élève des corbeaux. Elève des corbeaux et ils t’arracheront les yeux.

Ok, ok, on n’est pas dans la brulante actualité mais qu’importe ! Le film est sorti en 1976 et je le vois pour la première fois en 2015, c’est mon actu à moi !

Bien sûr, de ce film,  je connaissais la chanson emblématique : Porque te vas. J’adore, et heureusement car dans le film on l’entend un certain nombre de fois ! Et c’est à peu près tout. Mais quelle découverte !

Pour la petite histoire, le film est raconté à travers les yeux d’Ana, une petite fille jouée par la super mignonne Ana Torrent. Elle est élevée, avec ses soeurs, par Rosa, la gouvernante, et par sa tante suite au décès de ses parents.

J’ai adoré la grande poésie du langage de Saura, un véritable hymne à l’imagination, sans concession quant au monde des adultes, et sans idéalisation non plus de l’enfance. Charmant, onirique, cruel, et absolument moderne ! Mention spéciale à Géraldine Chaplin, qui joue la mère d’Ana et dont l’interprétation m’a profondément émue. Et puis vive les 70’s au cinéma, non ?

 

Mother and child de Rodrigo Garcia

Après-midi grise et froide, coup de fatigue après la piscine…Allez, un petit film avec chat + canapé + couette !  Il est extrêmement rare que je regarde un film en journée. A cause du boulot ? Pas faux ! Mais même le week-end je ne le fais jamais, je n’aime pas trop. En tout cas, aujourd’hui, j’ai regardé Mother and  Child de Rodrigo Garcia, produit par Inarritu.  Jamais entendu parlé de ce film, au casting pourtant pas mal. Pour tout vous dire,  je suis tombée dessus par hasard chez Noz, pour 0,80 € j’ai pris le risque ! Le film en quelques points :Unknown

  • Le casting : Naomi Watts, Samuel L. Jackson, Annette Benning, Jimmy Smits (nom qui m’était inconnu mais il joue Miguel Prado, le procureur bizarre dans Dexter saison 3, vous voyez ?).
  • J’ai pleuré. Bon, il faut préciser que je fonds en larmes dès qu’il y a des images d’accouchement dans un film ou une émission. Je ne peux physiquement pas regarder Baby Boom, par exemple. Et dans le film il y a 3 accouchements…
  • L’histoire : En bref, il est question de rapports familiaux et de destins complexes. Le film est intéressant, de par sa manière d’aborder la féminité, la maternité, les liens mère/fille. Globalement assez triste. Le scénario se développe autour de trois pôles :
    • Une femme incarnée par Annette Bennning, qui vit avec sa propre mère, et qui porte à jamais la blessure de l’enfant qu’elle a été contrainte d’abandonner.
    • Le personnage de Naomi Watts, qui est la fille (abandonnée à la naissance, donc) d’Annette Benning, et qui n’a jamais tenté de retrouver sa mère. Brillante avocate, elle travaille dans le cabinet de Samuel L. Jackson, ils vont nouer ensemble des relations…particulières !
    • Enfin, on suit le parcours d’un couple qui entame une démarche d’adoption. Et ça va s’avérer très compliqué…

 

  • Mon avis :
  • Les + : Les sujet, une foule de très bons acteurs, des personnages bien campés dont l’évolution est intéressante.
  • Les – : J’ai trouvé le scénario en peu trop ficelé à mon goût. Toutes les histoires finissent pas s’imbriquer entre elles, et tout trouve du sens dans la résolution des différentes problématiques. J’aime bien les histoires un peu plus lâches je crois, qui laissent un peu plus de place à l’interprétation.
  • Anecdote : Le réalisateur est le fils de Gabriel Garcia Marquez
  • Prix : En 2010, Grand prix au festival de Deauville

Ma note : 3/5

Vous l’avez vu ? Aimé ? Ca vous donne envie de le voir ?

 

La chasse de Thomas Vinterberg

Thomas 20320850Vinterberg est connu pour avoir réalisé Festen en 1998, qui avait marqué le public en abordant la question des rapports familiaux. La chasse, sorti en 2012, a obtenu le prix d’interprétation masculine, grâce à la prestation de Mads Mikkelsen, son compatriote danois.

De quoi est-il question ? L’histoire se déroule dans un village ou une petite ville danoise, où tout le monde se connait, les hommes chassent ensemble, et tout ce petit monde se retrouve autour du « jardin d’enfant », une crèche pour les petits de trois à cinq ans. C’est là que travaille Lucas, le personnage interprété par Mads Mikkelsen. Très apprécié des enfants, sa vie va pourtant basculer lorsqu’il va être soupçonné d’actes pédophiles…

Mads Mikkelsen, que j’avais toujours trouvé assez froid et impassible dans son jeu d’acteur m’a énormément touché dans ce rôle. Beaucoup de charisme et une large palette d’émotions traversent son visage si particulier. D’ailleurs les acteurs et le cadre de la petite ville scandinave m’ont beaucoup plu. Le coeur du sujet n’est pas tant la pédophile que la façon dont une rumeur se construit. Une fois lancée, elle est capable de détruire une vie et de déstructurer toute une communauté, sans retour en arrière possible.

Du même réalisateur, qui décidément bâtit une oeuvre variée, je vous conseille Loin de la foule déchainée sorti en 2015, adaptation du roman de Thomas Hardy (XIXème siècle) avec Carey Mulligan et Matthias Schoenaerts.